Laura Chetail, Fondatrice de Koko Kombucha: entreprendre en solo, sans se mettre de limites
Laura Chetail, fondatrice de Koko Kombucha, gère sa marque en solo et en remote depuis le Maroc. Son parcours à contre-courant et ses conseils.
Laura Chétail de Koko Kombucha: entreprendre en solo, sans se mettre de limites
« On a dit de moi que j'étais une influenceuse, pas une vraie entrepreneure. »
Laura Chetail encaisse cette étiquette avec le sourire, parce que pendant ce temps-là, sa marque Koko Kombucha est dans plus de 1000 points de vente, gérée seule, en remote depuis le Maroc. Elle nous raconte comment elle a construit un business rentable à contre-courant des levées de fonds et des grosses équipes, et pourquoi elle refuse de se fixer des limites. Si toi aussi tu veux entreprendre à ta façon, le Sorority Club est fait pour ça.
De l'école de commerce à Koko Kombucha
Laura Chetail n'a pas attendu d'avoir le profil parfait pour se lancer. Prépa, école de commerce, deux ans en conseil en stratégie : sur le papier, un parcours bien balisé. L'envie d'entreprendre, elle, était là depuis longtemps, même si elle ne s'en rendait pas tout à fait compte. Autour d'elle, les modèles existaient sans qu'elle les voie comme tels. Des grands-parents à leur compte, une mère qui a monté son cabinet d'expertise comptable, un père qui a racheté une entreprise. Pas des start-uppeurs, mais des gens qui savaient vendre et faire tourner un business.
Elle démissionne juste avant le confinement. Et c'est pendant le Covid, frustrée de ne rien trouver de sain et de convivial à boire les soirs sans alcool, qu'elle a l'idée d'une boisson fermentée à base de thé. Koko est née de ce manque.

Un succès qui fait des bulles
Trois ans après son lancement, Koco Kombucha est dans plus de 1000 points de vente en France, et s'exporte déjà en Belgique, au Luxembourg, au Maroc et à la Réunion. Côté références, Laura aligne du beau monde : Disney, le Club Med, Monoprix, les Galeries Lafayette, le BHV, ou encore La Belle Vie. Le tout en autofinancement, sans avoir levé un euro.
Ce qui détonne le plus, c'est son organisation. Laura gère la marque seule, en remote, depuis le Maroc. Pas d'équipe interne, mais une assistante virtuelle qui pilote presque tout l'opérationnel, et des freelances experts mobilisés selon les besoins. Elle a signé Monoprix, son plus gros client, en vingt minutes en visio. Le crowdfunding du lancement lui a servi de preuve sociale pour convaincre les premiers distributeurs. Son obsession, c'est le branding et le fait de chercher, chaque année, le type de client qui lui permettra de faire fois dix sans alourdir sa structure.

L'équilibre vie travail : ce qu'elle a construit
1. Ne te mets pas de limites
Le plus grand frein de Laura, ça a été ses propres croyances. « La clé, c'est de ne pas se mettre de limites », répète-t-elle. Elle a longtemps cru qu'il fallait une grosse équipe et une levée de fonds pour être prise au sérieux. En s'en libérant, elle a trouvé un modèle qui lui ressemble. La vraie question, c'est de comprendre ce qui te retient, plutôt que de te demander si c'est possible.
2. Entoure-toi juste, et paie pour la vraie compétence
Pour Laura, bien déléguer tient moins au budget qu'à la justesse du choix. Sa formule tient en cinq mots : « pas cher, c'est toujours trop cher ». Une assistante débutante et bon marché qui te fait perdre deux fois plus de temps revient plus cher qu'une personne autonome et mieux payée. Elle privilégie aussi le fit humain. Comme elle le dit, « des compétences, ça s'apprend, le fit non ».
3. Construis ton entreprise autour de ta vie
Laura ne fait pas passer son business avant sa vie, c'est l'inverse. Yoga tous les jours, vie près de la plage au Maroc, mails consultés une fois par jour, réseaux fermés avant midi. Cette routine, loin d'être un luxe, est ce qui la rend efficace. « Ma zone de génie, c'est quand je suis équilibrée », explique-t-elle. Pour autant, elle ne vend pas une vie sans stress, et avoue se battre encore contre la culpabilité de lever le pied dans un milieu qui valorise le toujours plus.
4. Brise la solitude de l'entrepreneure
Pendant longtemps, Laura n'avait pas d'entrepreneurs dans son cercle proche, et ça lui a manqué. Sa famille et ses amis comprenaient à moitié ce qu'elle vivait. Depuis qu'elle s'entoure d'autres entrepreneurs, tout avance plus vite. Elle a même mis en place un appel « buddy » de trente minutes chaque lundi avec un associé d'un autre projet, pour faire le point et se challenger. Trouver ses pairs, en ligne ou dans un mastermind, ça change le quotidien quand on est seule à la tête de sa boîte.
Redéfinir ce qu'est une vraie entrepreneure
Reste le sujet qui ouvre l'épisode, et qui pique. Parce qu'elle ne lève pas de fonds et n'a pas de salariés, certains lui refusent le statut d'entrepreneure. Laura le prend avec recul : « Moi, je suis flattée qu'on parle de moi quand je ne suis pas là». Mais le fond la questionne, pour toutes les femmes. En France, on mesure encore la réussite au nombre de salariés et aux montants levés, et ce moule laisse de côté des modèles entiers, souvent féminins. Laura, elle, propose une autre grille de lecture : capitaliser sur le digital, l'automatisation et les freelances experts, et juger une boîte à sa rentabilité plutôt qu'à sa taille.

La leçon à retenir
Le parcours de Laura tient dans une conviction simple : il n'existe pas une seule bonne façon d'entreprendre. On peut bâtir une marque solide en solo, depuis l'étranger, sans se renier ni se cramer. Reste à oser définir sa propre réussite.
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