Hélène Gherbi : entreprendre sans souffrir

Hélène Gherbi, cofondatrice de FEMCA, raconte comment bâtir une boîte rentable sans se sacrifier et dire non au travail gratuit.

Hélène Gherbi : entreprendre sans signer pour souffrir

« Ma boîte, elle ne va pas marcher si je ne souffre pas. »

Hélène Gherbi a cru ça pendant des années. Aujourd'hui, elle dirige FEMCA, une plateforme d'éducation financière qui forme les femmes à reprendre leur argent en main, et sa boîte est rentable. Elle raconte comment on passe de salariée qui se sent « fleur fanée » à entrepreneure qui sait dire non au travail gratuit, et pourquoi elle a arrêté de confondre réussite et sacrifice. Si toi aussi tu veux entreprendre à ta façon, viens, le Sorority Club est fait pour ça.

Crédits Photos: Claudia MB Photography

Hélène Gherbi, de Sciences Po à la finance pour les femmes

Hélène Gherbi n'avait rien d'une entrepreneure annoncée. Sciences po, une famille de fonctionnaires, pas une seule conversation sur l'entrepreneuriat à la maison. « Sur le papier, je n'étais pas faite pour faire ça », résume-t-elle.

Pendant cinq ans, elle bosse en marketing dans le luxe. Et puis quelque chose s'éteint. À 28 ans, elle lâche cette phrase à son mari : « j'ai l'impression d'être une fleur fanée dans ce job. » Deux options s'ouvrent à elle. Continuer à se plaindre et subir. Ou arrêter de se plaindre et changer de vie. Elle choisit la deuxième, quitte son poste en pleine période Covid, et se lance début 2021.

L'idée de FEMCA part d'un constat tout simple. En France, l'argent reste un tabou énorme, parfois plus lourd que celui de la sexualité. On peut traverser sa vie sans aucune éducation financière, et sans même pouvoir en parler autour de soi. Pour les femmes, le plafond est double. Hélène a voulu casser ça.

Ce qu'elle a construit (et comment)

Avant de vendre quoi que ce soit, Hélène a pris le temps. Presque deux mois à lire des recherches américaines et britanniques sur les femmes et l'investissement, parce qu'en France, les données n'existaient pas. Puis elle a lancé un compte Instagram pour ouvrir la conversation, et mené des dizaines d'entretiens avec des femmes pour vérifier que le problème était réel.

Résultat : quand elle sort son premier bootcamp, à la fin de la première année, les places partent en quatre jours.

Le projet a beaucoup bougé depuis. Le tout premier programme aidait les femmes à acheter un bien immobilier, parce qu'elle voyait autour d'elle des amies aux revenus solides bloquées par la peur de se tromper ou par l'image qu'on leur renvoyait à la banque. Aujourd'hui, FEMCA s'est recentrée sur un programme unique autour des bases de l'investissement, avec un format flexible, sans dates imposées. Et oui, ses clientes sont des femmes débordées, avec des familles et des jobs exigeants, donc verrouiller des sessions live à heure fixe, ça ne collait pas.

Côté équipe, elle ne s'est pas associée tout de suite. Elle a démarré seule, par choix, et a rencontré Melvin son associé lors d'un start-up weekend. Ce qui fait la différence chez lui, c'est qu'il passe à l'acte quand tant d'autres « fans de l'idée » ne renvoient jamais rien. Deux ans plus tard, ils dirigent la boîte à deux, ultra complémentaires, avec un point quotidien sur les chiffres et un autre, sans ordre du jour, juste pour parler de ce qu'ils ressentent.

Une boîte rentable, des salaires, des clientes satisfaites, un livre publié en début d'année. Pas mal pour quelqu'un qui « n'était pas faite pour ça ».

https://femca.fr/

Ce qu'on retient de son parcours

1. Construis ta communauté avant de vendre

Hélène n'a pas sorti un produit en espérant trouver des clientes. Elle a fait l'inverse. D'abord la communauté, les conversations, les vrais besoins. La vente est venue après, presque comme une évidence. Tu t'es déjà dit que tu devais avoir une offre parfaite avant de parler à qui que ce soit ? C'est souvent le contraire qui marche.

  1. Arrête de travailler gratuitement « pour la visibilité »

C'est sans doute le sujet sur lequel Hélène est la plus tranchée. Depuis presque un an, elle dit non aux sollicitations d'interventions gratuites payées en « visibilité ». La raison est double. La visibilité promise n'est presque jamais à la hauteur, et surtout, ça finit par t'abîmer. Elle le dit sans détour : à force d'enchaîner les missions gratuites, « on finit par se dire que notre expertise ne vaut rien ».

Et elle pose une question qui dérange : est-ce qu'on demanderait autant à un homme ? Son associé, lui, ne reçoit pas ce genre de demandes. Tant que des entrepreneures continueront d'accepter, le niveau restera bas pour toutes. C'est pour ça qu'elle en parle ouvertement, jusque sur LinkedIn.

À ne pas confondre avec le bénévolat choisi, par exemple intervenir dans une association face à un public qui en a vraiment besoin. Ça, elle adore. La différence se joue sur le consentement et sur la clarté : ce que tu donnes, et à qui.

  1. Choisis le canal de com où tu te sens toi

Communiquer n'a jamais été naturel pour Hélène. Pas d'Instagram, un LinkedIn « pour la forme », et une vraie gêne devant la caméra. Son déclic a été d'accepter que certains formats n'étaient pas pour elle. Se filmer tous les jours lui mettait trop de pression. L'écrit, en revanche, c'est son terrain. Elle a lancé une newsletter, elle écrit tous les jours sur LinkedIn, et là, elle s'amuse. Bref, elle a arrêté de se forcer et a trouvé l'endroit où elle transmet le mieux.

On n'est pas là pour souffrir

Pendant longtemps, Hélène a vécu avec une croyance tenace. Pour que sa boîte marche, elle pensait devoir souffrir. Le mot « travail » vient du latin tripalium, un instrument de torture, et elle a fini par incarner cette idée un peu trop bien : des injonctions à se filmer, à publier, à « faire » en permanence, même les choses qu'elle détestait.

Aujourd'hui, elle a changé de logiciel. Elle se pose une autre question, celle du plaisir. Comment en remettre dans sa vie d'entrepreneure ? Parce que se challenger et se sacrifier, ce sont deux choses, et la frontière entre les deux est mince. « Je n'ai pas signé pour souffrir », dit-elle. Ça paraît simple, mais c'est tout sauf évident quand on a grandi avec la culture de l'effort qui fait mal.

Reste aussi la question de la carapace. Hélène se décrit comme très sensible aux critiques. Quand tu prends la parole publiquement, tu t'exposes, et même si 95 % des retours sont incroyables, c'est souvent le commentaire blessant qui reste. Apprendre à séparer sa personne de son entreprise, à se dire que la critique vise un contenu et pas toi, ça se travaille. Elle l'avoue, elle n'y arrive pas encore tout à fait.

Crédits photo: Claudia MB Photography

A votre tour d'écrire l'histoire

Le parcours d'Hélène Gherbi tient dans une idée toute bête et hyper libératrice. Tu n'as pas besoin de venir de la bonne école, du bon milieu, ni de souffrir pour construire quelque chose qui tient debout. Il existe mille façons d'entreprendre, et la tienne est légitime.

Si cet article t'a parlé, viens prolonger la conversation avec nous. Le Sorority Club, c'est une communauté de femmes qui entreprennent à leur manière, sans se renier. On t'attend.

Vous pourrez retrouver ici le podcast dont je me suis inspirée pour rédiger cet article: <iframe src="https://embed.acast.com/$/65904b6ed006d30016ac42c4/on-nest-pas-la-pour-souffrir?" frameBorder="0" width="100%" height="110px" allow="autoplay"></iframe>

Publié le
June 3, 2026
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